EMIGRATION A LA FIN DU 19ème SIECLE

Du fait de la vie rude en montagne les gens émigrent vers l'Amérique du Sud à la fin du 19e siècle

ILS S’APPELAIENT SUIFFET, CAGNIÈRE, DAVRIEUX, BOUVIER,
JORCIN, MESTRALLET OU ENCORE FODERÉ, TOUS ORIGINAIRES
DE LANSLEBOURG ET DES VILLAGES DE HAUTE-MAURIENNE.IL
Y A PLUS D’UN SIÈCLE, ILS QUITTAIENT LEURS TERRES NATALES
POUR DE LOINTAINS HORIZONS. AUJOURD’HUI, LES NOMS DE
CES FAMILLES SAVOYARDES RÉSONNENT OUTRE-ATLANTIQUE,
DU
CÔTÉ DE MONTEVIDEO OU DE SANTA FE.

Depuis l'Antiquité la Haute-Maurienne est un lieu de passage vers l'Italie. Longtemps ses habitants ont d'ailleurs vécu du transit des voyageurs guides que l'on appelait "marrons", devenus au XIXème siècle aubergistes, postillons ou voituriers s'y étaient installés en nombre. Mais à partir des années 1850, les villages ont du mal fournir un travail à tout le monde. Les premiers départs s'organisent...

DESTINATION URUGUAY

L'explosion démographique puis le percement du tunnel ferroviaire du Fréjus (1857) qui permettra de rejoindre l'Italie directement depuis Modane, privant ainsi le Mont-Cenis de son exclusivité motivent les candidats au départ. Les Haut-Mauriennais voient leur avenir d'autant plus menacé que le rattachement de la Savoie à la France est aussi l'occasion pour l'Italie d'obtenir l'entière propriété du Mont-Cenis, occasionnant de multiples querelles et tensions avec les Piémontais.' À la même époque de l'autre côté de I'Atlantique, le régime uruguayen se stabilise. La guerre civile s'achève en 1851 et le gouvernement cherche des alpins pour occuper et exploiter ses terres. Le postillon relaie l'information en Haute maurienne et c'est en 1855 que les premières familles embarquent à bord du Corsa, depuis le port de Savone en Italie pour un périple de trois longs mois. Destination Montevideo. La mise en service du chemin de fer FeIl, (1868-1871) sur les pentes du Mont-Cenis fragilise un peu plus les professionnels liés aux passages des diligences et installés à Lanslebourg. La liste des demandes de passeport à l'émigration s'allonge

SÉPARATIONS ET RETROUVAILLES

C'est dans le département de Colonia en Uruguay que s'installent les premiers émigrants savoyards. Ils arrivent en bateau par le Rio Rosario qu'empruntent aussi des colons suisses ou piémontais. Sans titre de propriété, les familles s'installent notamment dans la ville de Nuestra Senora del Rosario, une vaste terre de 20 000 hectares. Quand une société privée rachète ses terres (1874-1878) et propose aux personnes établies de les acquérir par parcelles de 15 hectares, ce sont des Haut­Mauriennais qui tentent de faire pression sur le gouvernement En vain,.. D'autres émigrants choisissent la rive orientale du fleuve ou la vile de la Paz. En Maurienne, les départs se poursuivent; des familles entières désertent leur village après la mise en service du tunnel ferroviaire du Fréjus (1873-1874) au départ de Gênes et cette fois à destination exclusive ment de I' Argentine, Ils s'établissent dans la région de Santa Fe ou dans la province de Buenos Aires. Ils seront parfois même à origine de villes nouvelles comme Firmat, Cafferata ou Canada de Comez Si la première génération a maintenu le contact avec la famille restée au pays, c'est principalement lors des successions que des nouvelles sont données, Peu à peu, les liens se distendent et la langue française est délaissée. Les deux guerres mondiales se chargent du reste, coupant toute correspondance, alors que dans les familles de Haute-Maurienne on parle peu de ceux qui sont partis...


Famille Jorcin - plus de 300 représentants de cette famille sur les 1100 personnes présentes lors de la rencontre du 3 novembre 2002

Il aura fallu toute la ténacité d'un habitant de Lanslebourg, Laurent Suiffet, passionné d' histoire et de généalogie, pour retrouver près d'un siècle et demi après les premiers départs, les descendants sud-américains des émigrés savoyards. Son objectif était de réunir les famines.Pari réussi puisque, après un premier rassemblement à Lanslebourg les Mauriennais de la Pampa ont retrouvé, au mois d'octobre dernier leurs cousins, sur leurs terres, en Uruguay

POUR EN SAVOIR PLUS!
Association "Mauriennais de la Pampa"
9, rue de l'Arc
73 480 Lanslebourg Mont-Cenis
Bibliographie
La famille Suiffet de Lanslebourg;, Laurent Suiffet, 1998, Edition
du Pont du Diable
L'émigration mauriennaise aux XlX~ et XX siècle, Daniel Decquier,
2002


lnauguration du "Rincon de Saboya" (Le coin de SAVOIE)

Remerciements à laurent Suiffet pour sa collaboration à cet article,



savoie MAGAZINE


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